Il y a des reliques qui s’imposent par le vacarme qu’elles ont provoqué, des guitares martyrisées, des amplis poussés jusqu’à l’agonie, des costumes devenus icônes parce qu’un Beatle les a portés sous les projecteurs. Et puis il y a des objets plus discrets, presque timides, dont la puissance tient précisément à ce qu’ils ont traversé l’histoire sans réclamer la lumière. La flûte de Jack Ellory appartient à cette seconde famille. Instrument de studio, outil de travail, tube d’argent façonné par Albert Cooper, elle n’a pas seulement accompagné The Fool On The Hill : elle a contribué à donner à la chanson de Paul McCartney son air suspendu, son parfum de fable douce-amère, cette manière de flotter au-dessus du monde comme si la pop, soudain, savait respirer autrement. Mise aux enchères chez Gardiner Houlgate le 12 juin 2026, estimée entre 10 000 et 20 000 livres, elle raconte bien plus qu’une anecdote de collectionneur. Elle remet en lumière Jack Ellory, musicien de l’ombre entendu chez les Beatles, dans Bond, chez Mancini ou dans tout un pan du Londres sonore des sixties. Une flûte, quelques mesures, et c’est toute la part invisible du miracle Beatles qui revient à la surface.
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