Liverpool, première scène au monde pour le nouvel album de Paul McCartney

Il y a des retours aux sources qui ressemblent moins à des opérations de mémoire qu’à de véritables retrouvailles. Avec The Boys of Dungeon Lane, Paul McCartney ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur : il rouvre une porte longtemps restée entrouverte, celle de son enfance à Speke, dans ce Liverpool d’après-guerre où les rues, les maisons modestes et les rêves encore mal dégrossis allaient bientôt donner naissance à l’une des plus grandes aventures de la musique populaire. Que ce disque soit dévoilé en avant-première mondiale à la Jacaranda n’a donc rien d’un simple clin d’œil patrimonial. Ce club, où les Beatles firent leurs premières armes avant de devenir les Beatles, reste l’un des rares endroits où la légende conserve quelque chose de palpable, de vivant, presque d’inachevé. En y faisant entendre pour la première fois ce nouvel album, McCartney replace Liverpool au centre du récit, non comme un décor figé pour touristes en pèlerinage, mais comme une matrice toujours active. Dungeon Lane n’est pas seulement une rue : c’est un point de départ, une réserve de souvenirs, de sons et d’images que Sir Paul semble aujourd’hui transformer en matière musicale. Avant la sortie officielle du 29 mai, cette écoute publique promet ainsi d’être plus qu’un événement : un passage de témoin entre la ville d’hier et la voix d’aujourd’hui.

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