Londres, 15 mai 1967 : la naissance de la plus belle histoire d’Amour du Rock

Il faut parfois qu’un destin tienne à presque rien : un club de Soho, une table trop étroite, un homme qui se lève au mauvais moment, une jeune femme blonde qui tente de passer, et quelques mots d’une banalité désarmante lancés dans le brouhaha d’un concert. Le 15 mai 1967, Paul McCartney vient de sortir des dernières célébrations de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, au sommet absolu de son pouvoir créatif, quand il croise au Bag O’Nails Linda Eastman, photographe new-yorkaise déjà rompue aux coulisses du rock. Lui ne sait pas encore qu’elle deviendra la femme de sa vie ; elle ne sait pas encore qu’elle partagera avec lui la fin des Beatles, la naissance de Wings, RAM, Band on the Run, les fermes écossaises, le végétarisme militant, les enfants, les tournées, les disputes, les chansons et les deuils. Rien, dans cette première rencontre, ne ressemble à une scène écrite pour la légende. Et c’est précisément ce qui la rend si bouleversante. Car de cette maladresse minuscule naîtra l’une des histoires d’amour les plus longues, les plus attaquées et les plus fécondes de la culture rock : celle d’un Beatle qui cherchait un sol, et d’une photographe qui sut lui apprendre à regarder autrement.

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