In The Park : la brique manquante de George Harrison

Quatre minutes, un simple instrumental glissé au début de Wonderwall Music, et pourtant l’impression d’assister à un moment où George Harrison enlève calmement une brique du mur. In The Park ne “fusionne” pas l’Occident et l’Inde comme on mélange deux couleurs sur une palette : il cherche un passage, une ouverture à hauteur d’homme. Drones, peaux frappées, cordes et souffles y dessinent un petit temple portatif, sans refrain ni dramaturgie pop, où le timbre devient personnage et le temps s’étire sans s’excuser. Et puis, au bout du morceau, la réalité déborde : un grondement de rue, des véhicules au loin, Bombay qui s’invite sur la bande. Détail minuscule, manifeste immense : la spiritualité n’est pas une bulle, la musique n’est pas un laboratoire sous vide. À travers ce titre trompeusement bucolique, on entend Harrison en 1968, coincé dans la machine Beatles mais déjà ailleurs, en élève sérieux de Ravi Shankar, curieux de tout, prêt à laisser une tradition déplacer son propre langage. Retour sur cette “première porte” de Wonderwall Music, et sur ce qu’elle annonce de la liberté à venir.

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