Paul McCartney, Liverpool et l’après-guerre : comment une ville cabossée a fabriqué l’esprit des Beatle

On a tellement raconté les Beatles comme une apparition miraculeuse — quatre garçons descendus d’un avion, costumes sombres, cheveux trop longs et répliques assassines prêtes à faire chavirer l’Amérique — qu’on en oublierait presque qu’ils viennent de quelque part. Et pas de n’importe où. Dans un récent entretien, Paul McCartney revient sur ce Liverpool d’après-guerre qui fut bien plus qu’un décor d’enfance : une école de caractère, de musique, d’humour et de résistance. Une ville cabossée par les bombes, mais pas vaincue ; une ville pauvre, portuaire, ouverte sur l’Amérique, où l’on chantait dans les maisons, où l’on plaisantait pour ne pas sombrer, où l’on apprenait très tôt à répondre aux coups par l’esprit. McCartney y voit l’une des clés profondes des Beatles : cette manière unique de mêler la pudeur et l’insolence, la mélodie et la répartie, la joie et la mélancolie. Derrière les tubes, les costumes, les studios et la légende, il y avait donc cela : des enfants de Liverpool, nés dans les décombres d’un monde ancien, assez rapides pour ne pas se laisser définir, assez drôles pour tenir tête au cirque médiatique, assez doués pour transformer le rire dans les ruines en langage universel.

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