Paul McCartney, Liverpool dans la peau : « Ne sous-estimez pas la classe ouvrière »

Il y a chez Paul McCartney une façon de revenir à Liverpool qui ne ressemble ni à une visite guidée de sa propre légende, ni à l’exercice attendri d’un monument venu caresser le bronze de sa statue. Alors que The Boys of Dungeon Lane s’annonce comme son premier nouvel album solo depuis plus de cinq ans, l’ancien Beatle semble remonter vers la source, non pour s’y réfugier, mais pour rappeler d’où vient cette musique qui a fini par parler à la planète entière. Speke, Forthlin Road, les pianos de salon, l’humour d’après-guerre, les familles modestes où l’intelligence circulait sans diplôme ni fanfare : tout cela n’est pas un décor dans son histoire, mais une grammaire intime. Quand McCartney lance qu’il ne faut pas sous-estimer la classe ouvrière, il ne sort pas un slogan de circonstance. Il désigne le monde qui l’a formé, celui qui a donné aux Beatles leur vitesse, leur insolence, leur art de parler directement aux gens. À 83 ans, Paul ne contemple pas seulement Liverpool depuis le sommet de sa gloire : il y retrouve le garçon aux jumelles, l’enfant qui observait les oiseaux sur Dungeon Lane et qui, sans le savoir encore, apprenait déjà à saisir une apparition avant qu’elle ne disparaisse en chanson.

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