Il y a des phrases qui, chez Paul McCartney, valent bien davantage qu’une anecdote de promotion ou qu’un petit frisson de confession tardive. Lorsqu’il explique avec son mélange inimitable d’humour, de franchise et d’élégance que l’hystérie féminine autour des Beatles fut quelque chose de « très réconfortant », il ne cherche ni à salir la légende ni à la rapetisser. Il rappelle simplement une évidence qu’on a fini par oublier à force de muséifier les Beatles : avant d’être des icônes, ils furent quatre garçons de Liverpool, jeunes, ambitieux, maladroits, travaillés par le désir, la frustration et la faim d’être enfin regardés. Ce que dit McCartney éclaire alors tout autrement la Beatlemania, les premières chansons d’amour du groupe, le rôle décisif des fans dans l’ascension du quatuor, mais aussi la trajectoire intime d’un homme qui n’a cessé de transformer le manque, l’élan amoureux et le besoin d’être choisi en mélodies éternelles. De la fureur des cris aux refuges du couple, de A Hard Day’s Night à Linda puis Nancy, c’est toute une vérité plus humaine, plus charnelle et plus profonde des Beatles qui réapparaît soudain.
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