Il existe dans l’histoire des Beatles des scènes mille fois commentées : les mines défaites de Twickenham, le concert sur le toit d’Apple, les silences de George Harrison, les regards de John Lennon déjà ailleurs, la volonté de Paul McCartney de maintenir debout une maison dont les murs craquaient de partout. Mais l’un des épisodes les plus violents de cette fin de règne ne se joue ni en studio ni sur scène. Il tient dans une page de presse austère, publiée au printemps 1969, où les Beatles, par l’intermédiaire de Henry Ansbacher & Co., demandent aux actionnaires de Northern Songs de ne pas livrer leur catalogue à ATV et à Lew Grade. Derrière le jargon des offres publiques, des actions ordinaires et des droits de vote, se cache une humiliation presque inimaginable : Lennon et McCartney, les deux auteurs les plus célèbres du monde, sont contraints de supplier la City de leur laisser une part de souveraineté sur leurs propres chansons. De la création de Northern Songs à la vente de Dick James, de la contre-offre avortée des Beatles à la longue blessure que portera McCartney, cette histoire raconte le moment où le miracle pop s’est heurté au cadastre du capital.
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