A Leaf, la confession au piano de Paul McCartney

On croit connaître Paul McCartney par cœur : le Beatle mélodiste, l’homme aux refrains qui semblent tomber du ciel. Mais à force d’être statufié, il lui a fallu apprendre l’art de la fuite. Parfois, McCartney déserte le rock sans fracas et s’aventure là où l’on pardonne rarement aux célébrités : la musique dite « classique ». A Leaf, née comme une confidence au piano, est l’un de ses plus beaux pas de côté. Créée le 23 mars 1995 au St James’s Palace, puis métamorphosée en 1996 grâce à l’orchestration de Jonathan Tunick avant de trouver sa place sur Working Classical (1999), la pièce a tout d’une miniature… et pourtant elle raconte beaucoup. Sept sections, une seule respiration : des motifs qui reviennent, se déplacent, s’éclairent autrement, comme une émotion qu’on n’ose pas formuler. Ici, pas de guitare pour faire écran, pas de couplet-refrain pour rassurer : seulement le temps, l’air, le silence, et cette manière mccartnienne d’attraper une mélodie au vol. Genèse, versions, structure, procès en légitimité : plongez dans A Leaf et découvrez le McCartney le plus discret — donc, paradoxalement, le plus audacieux.

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