Playboy, janvier 1981 : Lennon, testament vivant contre le musée

Il y a des interviews qui font la tournée des plateaux et des slogans, et puis il y a celles qui te regardent droit dans les yeux. Face au magnétophone de David Sheff, en septembre 1980 (publié dans Playboy en janvier 1981), Lennon ne vend rien : il se dépouille. Avec Yoko, il démonte la mythologie, retourne les procès en sorcellerie, et accuse surtout ce vieux fantasme du fan-propriétaire qui croit avoir un droit sur sa vie. Pourquoi devenir « househusband » ? Parce que la gloire peut être une camisole, un contrat une prison, et que la disparition est parfois la seule manière de rester vivant. Pourquoi une réunion des The Beatles n’arrivera pas ? Parce qu’on ne remonte pas le temps, et qu’un miracle à la demande finit en casino. Dans cette conversation d’hiver, Lennon parle liberté, industrie, fatigue, création, et règle ses comptes avec le romantisme morbide du rock qui confond intensité et autodestruction. Tout brûle, tout pique, mais tout sonne vrai : un Lennon à 40 ans, encore en jeu, qui préfère durer que se consumer. Entrez dans ce « testament vivant » — et voyez ce que le mythe cache quand il cesse de faire le malin.

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