Depuis 2017, les Beatles ont rouvert leurs grands albums comme on descend dans une crypte éclairée à la lampe torche : Sgt. Pepper, le White Album, Abbey Road, Let It Be, Revolver, autant de monuments restaurés, remixés, annotés, augmentés, presque sanctuarisés. Il manquait encore Rubber Soul, ce disque de 1965 longtemps rangé un peu trop vite dans la case commode de l’album de transition, alors qu’il est peut-être le vrai basculement : le moment où les Beatles cessent d’être seulement le meilleur groupe pop du monde pour devenir les architectes d’un autre langage. Avec son nouveau mixage signé Giles Martin et Sam Okell, ses sessions inédites, ses démos, son mono original, sa version américaine Capitol et l’apparition fantomatique de Little Girl, esquisse inconnue de John Lennon, ce coffret Super Deluxe ressemble moins à une simple réédition qu’à un geste de clôture. Non pas la fin des Beatles, évidemment, car chez eux les fins ont toujours l’air de recommencements. Mais peut-être la fin d’une certaine religion du coffret : celle du disque-objet, de l’archive patiemment auscultée, du fan penché sur une prise instrumentale comme sur une radiographie sacrée. Après Rubber Soul, l’histoire pourrait bien continuer ailleurs : au cinéma, dans les restaurations live, les campagnes globales, les images et les fantômes remis en circulation.
Cet article Pourquoi le coffret Rubber Soul Super Deluxe pourrait être le dernier grand coffret Beatles est apparu en premier sur .
