Paul McCartney, The Boys of Dungeon Lane : le disque fragile d’un géant qui regarde derrière lui

Il y a quelque chose d’à la fois bouleversant et cruel à écouter Paul McCartney revenir vers Liverpool, John Lennon, George Harrison, Ringo Starr et les fantômes d’avant la légende. Avec The Boys of Dungeon Lane, Macca signe un album de mémoire, de famille et de rues anciennes, produit par Andrew Watt, où l’on entend un vieil homme ouvrir son album de souvenirs sans jamais se réfugier totalement dans le musée Beatles. Sur le papier, tout semblait réuni pour le grand disque tardif : l’enfance, les parents, les premiers compagnons, un duo avec Ringo, cette voix désormais abîmée qui peut, lorsqu’elle cesse de lutter contre le temps, devenir une arme d’émotion massive. Mais le disque n’est pas le chef-d’œuvre espéré. Il est plus fragile, plus inégal, parfois trop aimable, souvent touchant. Ses plus beaux moments surgissent quand Paul ne cherche plus à prouver qu’il sait encore rocker, mais accepte de chanter les absents, les parents, les jours laissés derrière lui et cette lumière de Liverpool qui continue de filtrer entre les mélodies. Un album mineur, peut-être, mais pas inutile : le témoignage d’un géant qui n’a plus rien à prouver et qui continue pourtant de chercher une chanson capable de tenir tête au passé.

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