Il y a quelque chose de presque irréel à voir Paul McCartney continuer d’avancer avec cette obstination tranquille, comme si la chanson restait, à 83 ans, non pas un monument à entretenir mais une pièce encore ouverte, un atelier où l’on peut toujours déplacer un meuble, retrouver un accord, inviter un vieil ami. Avec “Life Can Be Hard”, on aurait tort de croire que l’ancien Beatle se contente d’énoncer une évidence attendue : la vie peut être dure, bien sûr, mais toute la nuance est dans ce “peut”, qui refuse de laisser l’épreuve avaler le reste. Annoncé au cœur de The Boys of Dungeon Lane, album introspectif tourné vers Liverpool, l’enfance, la classe ouvrière et les fidélités anciennes, le morceau semble ramener McCartney vers ce qu’il a toujours su faire de plus précieux : regarder le chagrin sans lui abandonner la lumière. Autour de lui, Ringo Starr revient comme un frère de survivance sur “Home to Us”, Andrew Watt pousse l’icône hors du musée, et l’ombre des Beatles plane sans figer le mouvement. Reste alors cette idée simple, presque bouleversante : Paul n’a jamais nié la douleur, il a seulement passé sa vie à chercher la mélodie capable de lui tenir tête.
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