On croyait connaître Ringo Starr par cœur : le batteur affable des Beatles, le survivant solaire, l’homme des “peace and love” lancés comme des cartes postales à une planète qui en aurait bien besoin. Mais voilà que l’éternel sous-estimé de Liverpool reprend la route avec Long Long Road, nouvel album country produit par T Bone Burnett, et revient tranquillement dans le Top 10 du Top Album Sales américain. À 85 ans, Ringo ne cherche pas à rejouer la Beatlemania, ni à maquiller son âge sous des artifices de studio. Il fait beaucoup mieux : il chante depuis l’endroit exact où il se trouve, avec cette voix courte, cabossée, immédiatement humaine, qui semble avoir enfin trouvé dans l’Americana le paysage idéal. Autour de lui, Sheryl Crow, Billy Strings, Molly Tuttle, Sarah Jarosz ou St. Vincent ne viennent pas décorer une légende, mais accompagner un musicien qui n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour être essentiel. Derrière ce succès discret mais symbolique, c’est toute la trajectoire country de Ringo qui se redessine, de Act Naturally à Beaucoups of Blues, jusqu’à ce disque tardif qui ressemble moins à un épilogue qu’à une confirmation lumineuse : le vieux cowboy de Liverpool n’a pas fini de tenir le tempo.
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