Il y a des deuxièmes places qui disent plus de choses qu’une victoire facile. Avec Long Long Road, entré le 7 mai 2026 à la deuxième place des classements britanniques Official Americana Chart et Official Country Artists Albums Chart, Ringo Starr ne signe pas seulement une jolie performance tardive : il prolonge l’une des lignes les plus discrètes et les plus profondes de son histoire musicale. Depuis Liverpool, Hambourg et les reprises de Carl Perkins jusqu’à Beaucoups of Blues, Look Up et cette nouvelle collaboration avec T Bone Burnett, la country n’a jamais été chez lui un déguisement de vieux rockeur en quête d’authenticité. C’est un vieux territoire intérieur, une musique de route, d’humilité et de chagrins tenus à distance par un sourire. À 85 ans, l’ancien Beatle aurait pu se contenter d’être une légende que l’on célèbre, que l’on classe, que l’on ressort dans les coffrets et les documentaires. Il préfère encore publier des disques, s’entourer de Billy Strings, Molly Tuttle, Sarah Jarosz, Sheryl Crow ou St. Vincent, et rappeler que la grandeur de Ringo a toujours tenu dans une forme rare de modestie obstinée. Long Long Road manque deux numéros 1, mais il raconte quelque chose de plus beau : un survivant qui n’a pas besoin de couronne pour continuer à garder le rythme.
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