Ringo Starr, l’éternel mystère du batteur que les Beatles avaient toujours attendu

Quand Ringo Starr confesse, à 85 ans, qu’il ne sait toujours pas vraiment pourquoi John Lennon, Paul McCartney et George Harrison l’ont voulu derrière eux, puis renvoie la question d’un sourire vers le dernier témoin encore là — “demandez à Paul” —, c’est tout le roman Beatles qui se remet à trembler. Car derrière cette pirouette se cache l’un des grands mystères domestiques de l’histoire du rock : comment Richard Starkey, gamin cabossé de Liverpool, batteur déjà respecté de Rory Storm and the Hurricanes, est-il devenu le dernier anneau de l’alchimie la plus célèbre de la musique populaire ? Il y a bien sûr Hambourg, les nuits interminables, les clubs poisseux, les regards échangés entre musiciens qui savent vite qui tient la route et qui joue faux. Il y a Pete Best, évincé au moment le plus cruel, juste avant que la fusée ne quitte le sol. Il y a surtout ce jeu de batterie sans esbroufe, souple, rond, inventif, qui ne cherchait jamais à écraser la chanson mais à lui donner un corps. Les Beatles n’avaient pas seulement besoin d’un batteur plus solide. Ils avaient besoin d’un cœur rythmique, d’une présence humaine, d’un quatrième visage capable de rendre le groupe complet. Et alors que Ringo revient aujourd’hui à ses amours country avec Long Long Road et s’apprête à croiser de nouveau la route de Paul, la réponse paraît plus simple que le mystère : les Beatles l’ont appelé parce qu’avec lui, ils devenaient meilleurs.

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