Paul McCartney revient à Dungeon Lane, là où les Beatles n’étaient encore que des garçons

Il y a chez Paul McCartney une manière bien à lui de faire descendre les mythes de leur piédestal. Il suffit parfois d’une guitare, d’un souvenir de bus, d’un rire de Ringo ou du nom d’une rue de Liverpool pour que l’histoire la plus commentée de la pop redevienne soudain une affaire de garçons, de trajets, d’amitiés et de chansons à peine nées. Avec The Boys of Dungeon Lane, présenté dans l’intimité du studio Diamond Dust d’Andrew Watt à Los Angeles, McCartney semble avoir choisi de ne plus tourner autour de sa propre légende, mais de la reprendre par le commencement : Speke, Forthlin Road, la Mersey, George Harrison montant à l’arrêt suivant, John Lennon rendu à ses contradictions, Ringo Starr revenu chanter à ses côtés. L’album n’a pourtant rien d’une carte postale Beatles ni d’un mausolée pour collectionneurs. Il avance comme McCartney a toujours su le faire lorsqu’il est inspiré : par détours, éclats, ballades, embardées rock, souvenirs domestiques et trouvailles de studio. À 83 ans, la voix porte l’âge, mais l’imaginaire reste d’une fraîcheur désarmante. On croyait connaître l’histoire ; Paul revient nous rappeler qu’avant la légende, il y avait une route, et que sur cette route les garçons de Dungeon Lane parlent encore de guitares et de rock’n’roll.

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