John Lennon à Liverpool : la ville qui a fabriqué le mythe, puis appris à vivre avec lui

On peut toujours visiter Liverpool comme on visite un sanctuaire : en enchaînant les arrêts obligés, les plaques, les grilles rouges de Strawberry Field, Penny Lane, Mendips, St Peter’s Church et tous ces lieux que la légende beatlesienne a transformés en stations d’un pèlerinage mondial. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Car avant d’être un décor pour amateurs de Beatles, Liverpool fut la matière même dans laquelle John Lennon s’est formé. Une ville rude, ironique, populaire, traversée par la guerre, les fractures sociales, les arrivages de disques américains et cette énergie nerveuse des ports qui savent le prix du départ. C’est là que Lennon a appris l’humour comme défense, la musique comme échappée, l’art comme façon de tenir debout au milieu du désordre. C’est là aussi qu’il a connu Mendips, Julia, la perte, St Peter’s Church, Paul McCartney, l’école d’art et tout ce mélange de banalité urbaine et de secousses intimes qui finira par nourrir quelques-unes des plus grandes chansons du XXe siècle. Revenir sur le Liverpool de John Lennon, ce n’est donc pas empiler des cartes postales : c’est suivre le fil très concret d’une enfance cabossée, d’une ville-matrice et d’un mythe qui, malgré le tourisme et les vitrines, continue de battre sous les pavés.

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