On voudrait toujours un plan fixe pour expliquer la séparation des Beatles : une porte qui claque, une engueulade, un nom qu’on accuse. Mais la fin des Beatles s’est jouée comme une combustion lente, avec ses faux retours de flamme et ses silences qui rongent. Et pourtant, quand John Lennon raconte l’histoire, il pointe un instant net, presque brutal : la mort de Brian Epstein. « Après la mort de Brian, nous nous sommes effondrés. » Pas une formule pour faire joli, plutôt le diagnostic d’un groupe qui perd d’un coup son centre de gravité, l’adulte dans la pièce, l’arbitre capable de dire non sans déclencher la guerre civile. À Bangor, au pays de Galles, la nouvelle tombe, et derrière le sourire forcé, un vide s’ouvre. Magical Mystery Tour sans filet, Apple Corps comme utopie qui attire les vautours, White Album qui ressemble déjà à quatre disques solo, Get Back filmé comme une thérapie ratée, Abbey Road comme dernier costume bien taillé… Cette enquête remonte la fissure et suit, étape par étape, ce qui s’est réellement “effondré” — jusqu’à la bataille Klein/Eastman où l’argent devient un test de loyauté. Si vous cherchez le moment où tout a basculé, il se pourrait qu’il ait le visage d’une absence.
Cet article Après Brian Epstein, le vide : quand Lennon comprend que les Beatles vont finir est apparu en premier sur .
