Avant les costumes, les contrats EMI et la mise en scène Epstein, il y a eu un homme de Liverpool avec la débrouille d’un plombier et l’aplomb d’un patron de cave : Allan Williams. On l’a réduit à une punchline cruelle — « l’homme qui a donné les Beatles » — alors qu’il fut surtout le premier à leur trouver des scènes, des cachets, un van… et une sortie de secours. Dans le sous-sol du Jacaranda, au milieu des fresques et des cafés tièdes, il offre aux gamins Lennon, McCartney et Harrison un terrain d’essai. Puis il ose le pari le plus risqué : Hambourg. Indra, Kaiserkeller, nuits sans fin, répertoire avalé à la chaîne, sueur, faim, et ce sentiment de devenir enfin une machine live. C’est là que le groupe se trempe, se durcit, se révèle — avant de rompre avec Williams et de tomber, plus tard, entre les mains impeccables de Brian Epstein. Cette histoire raconte une vérité inconfortable : personne n’arrive seul. Et si la légende des Beatles commence quelque part, c’est souvent dans l’ombre, à l’arrière d’un club, là où Williams tenait la lampe.
Cet article Allan Williams, l’homme des caves : comment il a envoyé les Beatles à Hambourg est apparu en premier sur .
