En 1968, Mary Hopkin n’est encore qu’une voix galloise impeccable, débarquée d’une télévision de variétés où elle n’a rien d’une future star. Et puis il y a Twiggy, un mot glissé à Paul McCartney, un coup de fil à l’accent de Liverpool, et la voilà happée par l’épicentre Beatles au moment même où Apple Records se rêve en utopie. Avec « Those Were The Days », McCartney lui offre un décor plus qu’un hit : une nostalgie mise en scène qui conquiert la planète. Reste à transformer l’éclair en album. Publié en février 1969, Post Card ressemble à une lettre envoyée depuis le chaos charmant d’Apple : folk brumeuse (Donovan), pop américaine tendre (Nilsson), standards d’avant-rock, et même une boussole en gallois pour rappeler d’où vient Mary. Dans ce patchwork, on entend le McCartney producteur-curateur, mais aussi la résistance douce d’une artiste qui refuse le cabotinage. De la Post Office Tower aux studios londoniens, retour sur un disque à part, mi-écrin, mi-malentendu, qui dit encore en 2026 comment la pop pouvait fabriquer du futur avec du passé.
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