Extra Texture : Grey Cloudy Lies, George Harrison dans le brouillard

En 1975, George Harrison ne ressemble plus au Beatle de cartes postales. Sur la pochette d’Extra Texture, son visage en gros plan dit la fatigue mieux que n’importe quel communiqué, et le « Oh not again » en bas sonne comme un aveu laissé sur la table après la fête. Cet album n’a pas la grandeur panoramique d’All Things Must Pass : il a la peau des jours difficiles, quand la spiritualité n’empêche pas le brouillard, quand Los Angeles promet le soleil mais accentue la nuit intérieure, quand Friar Park devient un refuge trop grand. Au centre de ce disque de convalescence, Grey Cloudy Lies chuchote au lieu de triompher : piano droit, espaces, silences qui pèsent, rythme qui trébuche, synthés comme un halo froid. Rien ici n’essaie de gagner la partie — et c’est précisément pour ça que la chanson frappe. En lisant entre les notes, on découvre un Harrison sans posture, vulnérable, ambigu, terriblement humain. Retour sur ce morceau secret, sur ses paroles en brouillard et sur ce qu’Extra Texture raconte quand le rock cesse de faire le malin.

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