Save The World : George Harrison, la farce qui annonce l’incendie

En 1981, George Harrison publie Somewhere In England comme on remonte à la surface : un disque négocié, retouché, presque arraché aux bureaux en moquette. Au milieu de cet album schizophrène, « Save The World » surgit en contrebande, satire écologique avant l’heure et farce apocalyptique montée comme une mini-movie sonore. Écrite à Hana, sur Maui, le 24 février 1978, la chanson transforme l’alerte en sketch : bruitages, coupes franches, faux sourire… et, derrière, la peur au ventre d’un homme qui refuse de prêcher mais veut encore toucher un nerf. Des sessions avec Keltner, Willie Weeks ou Tom Scott à sa vie parallèle chez HandMade Films et l’absurde façon Monty Python, Harrison met en scène un monde qui continue de consommer pendant qu’il brûle. Puis le morceau connaît une seconde vie : appel de Greenpeace, version plus rock, et, plus tard, la démo acoustique exhumée en 2004 qui retire l’armure et laisse la tristesse à nu. Pourquoi ce rire nerveux résonne-t-il si fort en 2026 ? On rembobine l’histoire, et on écoute ce que la blague essayait de nous dire.

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