Novembre 1982 : pendant que l’ère MTV réclame des artistes qu’ils deviennent des logos, George Harrison fait exactement l’inverse. Avec Gone Troppo, il ne revient pas pour gagner, ni pour prêcher, ni pour rejouer l’épopée des années 70 : il revient pour s’échapper. Depuis Friar Park et son studio FPSHOT, il enregistre un disque comme une carte postale envoyée au monde pour lui dire poliment de ne pas insister. Claviers en avant, sourire en coin, fatigue assumée : la légende se miniaturise, retrouve l’esprit de bande et l’art du pas de côté. Au cœur de ce retrait en plein soleil, « Greece » résume tout : quatre minutes de pop décontractée où Athéna, Platon ou Socrate deviennent matière à calembours, comme si l’érudition n’était qu’un confetti. Face B de « Wake Up My Love », ce petit sketch musical révèle un Harrison moins « Quiet Beatle » que saboteur joyeux du sérieux. Et rappelle qu’après le fracas, le rire peut être la plus élégante des stratégies de survie. Longtemps jugé mineur, Gone Troppo prend alors des allures de disque-charnière : un dernier clin d’œil avant de refermer la porte, respirer, puis renaître ailleurs.
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