Man on the Run : McCartney face au miroir qui brûle

Il y a des films qui racontent une carrière, et d’autres qui la remettent en jeu. Man on the Run appartient à cette seconde espèce : un documentaire qui, sous couvert de revenir sur la décennie Wings, oblige Paul McCartney à affronter ce que le mythe préfère lisser. Lors de la première, l’homme plaisante — « gardez les moments embarrassants » — puis avoue que se revoir ainsi, monté et ordonné, « c’est comme se noyer ». Entre archives exhumées, tournée en van, recommencement obstiné après la fin des Beatles et présence lumineuse de Linda, le film de Morgan Neville compose un portrait moins doré que vivant : celui d’un musicien qui choisit la famille comme ancrage et l’enthousiasme comme méthode. Et au cœur, une phrase-boussole, trois mots qui valent manifeste : « C’est autorisé ». De quoi comprendre enfin comment on survit à l’histoire, et pourquoi courir peut signifier rester debout. Récit d’une projection qui a fait rire, serré la gorge… et donné envie d’essayer. On en ressort avec l’impression d’avoir vu, derrière l’icône, un homme qui se remet à zéro — et qui, justement, nous y invite.

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