1970 : Harrison souffle les 30 bougies de Lennon au cœur du naufrage Beatles

1970 n’a pas seulement tourné une page : il a froissé d’un coup l’affiche des sixties. Le rock se réveille avec la gueule de bois, et la séparation des Beatles agit comme un séisme intime, le moment précis où un langage commun se fissure. Dans ce chaos de procès, d’egos et de récits réécrits, George Harrison, longtemps cantonné au rôle de troisième homme, profite enfin de l’espace laissé par l’explosion. All Things Must Pass déboule comme une crue : triple album, confession brumeuse sous le “Wall of Sound” de Phil Spector, et, au milieu de la cathédrale, une miniature inattendue. It’s Johnny’s Birthday, deux minutes de fête foraine, enregistrées à Abbey Road, pour les 30 ans de John Lennon. Une blague tendre, un fil maintenu quand tout se déchire, avec en prime le clin d’œil mélodique à Cliff Richard qui fera jaser. Derrière l’air léger, c’est toute la vérité douce d’une fin qui n’efface pas l’affection. Pourquoi ce petit morceau compte encore ? Plongez dans l’année où le rock perd son innocence.

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