Wonderwall Music : la fissure Harrison en novembre 1968

Novembre 1968 : pendant que les Beatles brûlent encore au cœur du White Album et qu’Apple se rêve en utopie, George Harrison glisse une porte dérobée. Wonderwall Music, bande originale pour le film psychédélique de Joe Massot, n’est pas une simple fantaisie périphérique : c’est le premier disque signé par un Beatle sous son propre nom, et donc la première fissure officielle dans le mur du “troisième homme”. Au centre, un bijou discret, On The Bed : deux minutes de clair-obscur où un piano posé comme une confidence, une guitare qui vibre d’un parfum de raga et le souffle feutré du flugelhorn installent un rêve sans paroles. Enregistré entre Londres et Bombay, pensé comme un montage de séquences plus que comme une collection de chansons, l’album révèle un Harrison producteur, arrangeur, architecte d’un entre-deux occidental/indien qui refuse l’exotisme de carte postale. De la cartographie des studios aux coulisses des titres fantômes, on suit la naissance d’un monde sonore autonome — celui qui annoncera la suite. Entrez : derrière le mur, la lumière change.

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