Lennongate : quand Nixon a tenté d’étouffer Lennon à coups de paperasse

On aime se raconter les années 70 comme une décennie en roue libre, mais l’Amérique de Nixon est surtout une machine à verrouiller : on surveille, on classe, on neutralise. Et quand John Lennon débarque à New York en 1971 avec Yoko Ono, il cesse d’être un ex-Beatle décoratif pour devenir un problème politique. Un refrain pacifiste, un Bed-In, une apparition à un meeting : il n’en faut pas plus pour inquiéter un pouvoir obsédé par la jeunesse et la rue. Alors l’État cherche une prise. Il la trouve dans la faille la plus froide qui soit : l’immigration. Une vieille condamnation pour cannabis devient prétexte, la paperasse une laisse, les audiences un feuilleton kafkaïen. Mais l’affaire a un deuxième acte, encore plus vertigineux : la guerre des archives. Des décennies plus tard, via le FOIA, les dossiers du FBI remontent, caviardés, paranoïaques, parfois grotesques — et terriblement révélateurs. Lennongate raconte moins une expulsion que la peur d’une chanson, et la façon dont une démocratie peut se raidir dès qu’une voix devient contagieuse. Entrez dans cette histoire où la loi sert de masque, et où la transparence finit par déshabiller l’État.

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