On croyait la porte refermée, scellée au fond d’une discographie où l’histoire et la douleur se confondent. Et pourtant, Yoko Ono la rouvre : Season of Glass revient cet été pour son 45e anniversaire, en CD augmenté, en digital, et en vinyle — noir, plus un pressage blanc limité, comme un rappel que certains objets ne se collectionnent pas, ils se portent. Derrière l’annonce, il y a un disque impossible à rendre “nostalgique”. Publié sept mois après l’assassinat de John Lennon devant le Dakota Building, Season of Glass n’embaume rien : il expose. Une voix qui craque, des chansons écrites au ras de la plaie, et une pochette devenue preuve — ces lunettes maculées de sang qui empêchent le regard de fuir. Cette réédition promet remaster et bonus (dont Walking on Thin Ice, enfin disponible en streaming, une démo de I Don’t Know Why et un mix Phil Spector de Dogtown), mais l’essentiel est ailleurs : réécouter, en 2026, ce document intime qui refuse la morale et préfère la vérité brute. Pourquoi l’album le plus “classé” de Yoko reste aussi le plus inconfortable ? Parce qu’il ne raconte pas le deuil : il le met en scène, minute après minute. Suivez-nous dans cette traversée.
Cet article Yoko Ono rouvre la plaie : Season of Glass revient pour son 45e anniversaire, et rien n’a vraiment cicatrisé est apparu en premier sur .
