Fabulous : la face B de McCartney qui rallume le rock’n’roll

En 1999, Paul McCartney ne signe pas seulement un album de reprises : il cherche un point d’appui. Un an après la mort de Linda, il s’offre Run Devil Run comme on se prescrit un remède à base de trois accords, de sueur et de tempo. Au milieu des standards, une anomalie brille : “Fabulous”, deux minutes d’électricité enregistrées dès la première journée à Abbey Road, avec une dream team improbable — David Gilmour, Ian Paice, Mick Green, Pete Wingfield. Le plus beau, c’est son destin clandestin : pas sur l’album standard, d’abord face B, puis bonus, puis pièce de collection ressortie au gré des rééditions. Et sur scène ? Une seule apparition, un seul tir, au Cavern Club de Liverpool, là où tout a commencé à brûler. Pourquoi cette reprise d’un single de 1957 de Charlie Gracie sonne-t-elle comme quelque chose de plus intime qu’un simple hommage ? Que dit-elle du McCartney performeur, du goût des faces B, et de cette joie obstinée qui tient lieu de discipline quand la vie pèse trop lourd ? C’est ce fil secret, entre deuil et rock’n’roll, que l’article déroule.

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