Yoko Ono a 93 ans, et l’anniversaire ressemble moins à une célébration qu’à un règlement de comptes avec la mémoire collective. Pendant des décennies, on l’a réduite à un rôle commode : la “coupable” idéale de la séparation des Beatles, le bruit parasite qui viendrait salir une légende. Mais si l’on prend la peine de remonter le fil, tout s’inverse. Avant Lennon, il y a Tokyo en guerre, l’enfance sous les bombes, puis New York et l’avant-garde : les pièces-instructions de Grapefruit, la performance Cut Piece, l’art comme participation, comme piège moral, comme politique du geste minimal. Et quand Lennon grimpe l’échelle de l’Indica Gallery pour lire ce fameux “YES”, ce n’est pas une groupie qu’il rencontre, c’est une artiste déjà en marche. Dans cet article, on démonte la fable du bouc émissaire — sexisme, racisme, confort du mythe — et on rappelle la mécanique réelle de l’implosion Beatles : fatigue, business, ego, management. On revisite aussi le laboratoire Lennon/Ono, des Bed-In aux slogans pop, jusqu’à la reconnaissance tardive de son influence sur Imagine. À 93 ans, le dernier mot appartient à l’œuvre : déroutante, visionnaire, indestructible. Entrez, et regardez enfin Yoko pour ce qu’elle est.
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