Mathew Street sous la peau : comment le Cavern Club a inventé la légende Beatles

Une cave voûtée, des briques qui transpirent, une rue étroite de Liverpool : il n’en fallait pas plus pour fabriquer un mythe qui dépasse désormais ceux qui l’ont fait naître. Le Cavern Club, au 10 Mathew Street, n’était pas censé accueillir le rock — encore moins engendrer la Beatlemania. Ouvert en 1957 comme club de jazz, il bascule à coups de skiffle, d’insolence et de riffs ramenés d’Amérique, jusqu’à devenir, entre 1961 et 1963, l’atelier où Lennon, McCartney, Harrison et d’abord Pete Best puis Ringo Starr apprennent à tenir une salle, à ciseler un répertoire, à dompter la proximité. Dans cette chaleur de midi où l’on descend sous terre pour se brûler aux décibels, la légende se fabrique à vue : un public qui revient, une rumeur qui enfle, Brian Epstein qui descend les marches, et la petite histoire qui bascule vers le monde. Reste alors une question : que devient un lieu quand il est plus célèbre que ses murs ? Fermetures, démolition, renaissance en 1984, pèlerinage permanent… Le Cavern se débat encore avec son propre fantôme. Voici comment une cave trop petite a appris à devenir histoire.

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