Juste pour aujourd’hui : George Harrison, des années 70 au réveil de Cloud Nine

On a longtemps vendu les années 70 comme l’âge d’or des ex-Beatles : l’indépendance, les studios privés, l’argent, la légende en roue libre. Mais pour George Harrison, l’après-fête a surtout eu le goût d’une chute. All Things Must Pass l’avait couronné, puis la décennie l’a usé : solitude, nerfs à vif, faux remèdes qui circulent dans le rock comme des poignées de main, et cette sensation d’être prisonnier d’un personnage plus grand que l’homme. Ce qui sauve Harrison n’a rien d’un miracle hollywoodien. C’est une discipline, une spiritualité qui cesse d’être un décor pour devenir une hygiène, et un refuge bien réel : Friar Park, son atelier secret où l’on jardine autant qu’on écrit. Quand Jeff Lynne l’aide à rallumer la lumière sur Cloud Nine, le comeback n’a rien d’un coup d’éclat : c’est un retour au plaisir, à la chanson, à la clarté. Et au cœur du disque, Just For Today, inspirée d’une brochure des Alcooliques Anonymes, sonne comme une main posée sur l’épaule : ne pas gagner sa vie d’un coup, mais tenir — juste pour aujourd’hui. De la gueule de bois des seventies à l’apaisement des eighties, voici le récit d’un Harrison à hauteur d’homme.

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