George Harrison et Jeff Lynne : l’atelier du beau son, de Cloud Nine aux Beatles retrouvés

On a trop souvent raconté George Harrison comme le « troisième homme ». Mais quand il croise Jeff Lynne, autre orfèvre des harmonies et des studios, la légende se réécrit : deux solitudes qui se reconnaissent et se remettent au travail. À la fin des années 80, Harrison cherche moins un producteur qu’un compagnon d’atelier, capable de remettre du plaisir et de la netteté dans ses chansons. Lynne, lui, traîne depuis ELO ce goût du “beau son” — chœurs empilés, guitares qui scintillent, batterie sèche — et une science du hook héritée des Beatles sans fétichisme. Ensemble, ils signent Cloud Nine, puis transforment une session entre amis en Traveling Wilburys, avant de se retrouver au cœur du chantier le plus délicat : Free As A Bird et Real Love, ces Beatles ressuscités à partir des cassettes de Lennon. Derrière les débats sur le “vernis” Lynne, il y a surtout une complicité : celle qui prolonge l’éthique Beatles du son fini, chaleureux, évident. Retour sur une alliance discrète mais décisive, qui a redonné à George l’envie de chanter et à la pop un peu de lumière.

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