Il y a des projets qui ressemblent à une simple annonce de casting, puis on gratte et l’on comprend que c’est une déclaration d’intention. Avec The Beatles — A Four-Film Cinematic Event, Sam Mendes ne veut pas « résumer » les Beatles : il veut les remettre en tension, en chair, en contradictions. Mia McKenna-Bruce parle de scripts « next level », d’une lecture collective bouleversante, et d’un moment presque troublant où Mescal, Dickinson, Quinn et Keoghan cessent d’être des acteurs pour devenir des silhouettes d’époque. Quatre films, quatre points de vue : la promesse n’est pas celle du musée, mais celle du prisme, de la même scène vue depuis quatre intérieurs qui ne racontent jamais tout à fait la même histoire. Reste le piège éternel du biopic : la tentation du masque, du tube posé comme une récompense, de la dramaturgie en kit. Et c’est là que l’ombre de Maureen Starkey, la question de l’intime et le verrou des ayants droit prennent du poids : si Mendes réussit, ce ne sera pas parce qu’il coche les cases, mais parce qu’il filme ce qui fait crier depuis 1963. Un événement de cinéma, enfin, à l’ère du binge : non pas un calendrier, mais une secousse.
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