Pussy Cats ressemble à ces disques qu’on enregistre la nuit, quand les bonnes idées et les mauvaises habitudes partagent la même bouteille. En 1974, Harry Nilsson entre en studio avec une réputation de magicien vocal et une envie de remettre son nom au centre du jeu. À la console, John Lennon, en plein Lost Weekend, ne fait pas une simple apparition : il produit l’album de bout en bout, à l’ancienne, en choisissant le son d’un groupe dans la pièce plutôt qu’une perfection sous cloche. Résultat : un disque rugueux, souvent touchant, où les reprises servent d’abri et où l’amitié devient méthode de travail. Mais derrière la camaraderie, une ombre : au fil des sessions, Nilsson se blesse aux cordes vocales et continue quand il aurait dû s’arrêter, laissant une part de sa voix sur le chemin. Et comme souvent autour de Lennon, le studio attire les fantômes célèbres : passages, jams, rumeurs, jusqu’à cette nuit floue où McCartney et Stevie Wonder croisent le micro (le fameux A Toot and a Snore). Retour sur un album imparfait mais essentiel, où Lennon endosse le rôle de producteur et où l’excès, pour une fois, s’entend autant qu’il se raconte.
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