Narita, prisonnier n°22 : le jour où Paul McCartney a fait dérailler Wings

Un matin d’hiver, à l’aéroport de Narita, la grande machine pop se grippe en quelques secondes. Le 16 janvier 1980, Paul McCartney débarque à Tokyo avec Wings pour une tournée qui devait sonner comme une consécration : salles pleines, ferveur japonaise, démonstration de force d’un groupe enfin stabilisé après la fin des Beatles. Et puis la scène se rétrécit : une valise, une fouille, de la marijuana. À partir de là, plus de mythologie, seulement une procédure. Le Japon ne “gère” pas le folklore rock : il applique. McCartney est mis à l’écart, réduit à un numéro, tandis que Linda et l’entourage attendent à l’Okura Hotel dans un suspense immobile. Les concerts tombent, l’économie de la tournée s’effondre, la musique disparaît des ondes, et les tensions internes de Wings remontent comme un venin. Dix jours de détention, et tout change : la tournée fantôme, la fissure dans le groupe, la bascule vers les années 80 et ce retour instinctif de Paul vers le studio. À Narita, le monde ne s’ouvre pas : il se referme.

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