Friar Park, la forteresse de George : 14 janvier 1970, l’après-Beatles commence

Le 14 janvier 1970, pendant que l’Angleterre se craquelle et que la machine Beatles tourne à vide entre avocats, réunions Apple et rancœurs mal digérées, George Harrison fait un geste qui ressemble à une fuite… et à une déclaration. Il achète Friar Park, manoir néo-gothique à Henley-on-Thames : une ruine somptueuse, un jardin halluciné, un labyrinthe de maximes gravées dans la pierre et de farces victoriennes. George n’achète pas une vitrine “clé en main” ; il s’offre un territoire, un sanctuaire, l’endroit où l’on peut enfin respirer, méditer, jardiner, enregistrer quand l’inspiration frappe et fermer la porte au vacarme du monde. Derrière l’ombre de Sir Frank Crisp, l’excentrique qui avait conçu le domaine comme une blague géante, Harrison se reconnaît : mystique mais joueur, sérieux sans renoncer au burlesque. Les inscriptions sur le temps, les grottes, les statues, jusqu’aux gnomes qui deviendront l’icône d’All Things Must Pass : tout parle, tout finit par chanter. Friar Park annonce l’après-Beatles, la souveraineté artistique, le futur FPSHOT… tandis que, le même jour, Ringo enregistre des standards comme on se construit une bulle de douceur. Un château, un jardin, et déjà une autre vie.

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