Lennon, Garfunkel et leurs “Paul” : le duo comme champ de mines

Après la fin des Beatles, on retient souvent les dates, les procès, les chansons-épées et les unes de journaux. Mais le vrai poison est plus lent : celui qui s’infiltre quand la fraternité devient un champ de mines, quand le partenaire qui vous a construit se met à vous contester comme on conteste un héritage. C’est là que Lennon et McCartney se font le plus mal : pas seulement deux compositeurs qui se séparent, mais deux frères qui se connaissent trop bien pour se rater. Au milieu des années 70, scène improbable : John Lennon, après les Grammy Awards, ramène Art Garfunkel au Dakota, l’attire dans une chambre comme on cherche un confesseur, et lâche une question désarmante. Toi, tu as retravaillé avec ton Paul : comment ça se passe quand on rouvre une porte qu’on a claquée ? Entre Simon & Garfunkel et Lennon/McCartney, le parallèle devient vertigineux : la magie du duo, les rancunes, les messages codés sur disque, et cette idée qui obsède tout le monde — peut-on rejouer ensemble sans rejouer la guerre ?

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