Il y a des hommes qu’on ne voit jamais sur les photos de groupe et dont la présence, pourtant, imprègne chaque seconde de musique. George Martin fait partie de ceux-là : un gentleman d’Angleterre, oreille classique et humour sec, qui a appris à bricoler avec les contraintes des studios avant de transformer Abbey Road en laboratoire. Entre l’enfance sans piano à Highbury, les années Parlophone à produire comédie et variétés, puis la rencontre de 1962 avec quatre gamins de Liverpool, se dessine un rôle bien plus vaste que la formule « cinquième Beatle ». Martin traduit, cadre, provoque : « Donnez-m’en une meilleure », et les Beatles répondent par des joyaux. De la mise en forme de Please Please Me à la conscience mélancolique d’Abbey Road, ses choix d’arrangements, de prises et de montages rendent l’audace immédiatement lisible. Et l’histoire ne s’arrête pas en 1970 : AIR Studios, Elton John, Candle In The Wind 1997… jusqu’au regard amusé d’un vieil homme qui, le matin, dit bonjour à son père dans le miroir. Un portrait en citations, pour comprendre comment un artisan devient l’architecte invisible de la pop. Entrez dans la cabine de contrôle.
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