Jane Asher : l’amour qui a appris à Paul McCartney à écrire vrai

On aime raconter que Paul McCartney écrit au fil de l’eau, comme si une mélodie se posait d’elle-même sur le piano. Mais la légèreté a souvent une adresse, et dans les sixties cette adresse s’appelle Jane Asher. Actrice déjà installée, issue d’un Londres cultivé et discipliné, elle n’entre pas dans la vie de Paul comme un ornement de Beatlemania : elle lui oppose un monde, des codes, une indépendance. Royal Albert Hall, avril 1963 : la rencontre a des allures de scène fondatrice. Puis il y a Wimpole Street, la maison des Asher, son sous-sol, son piano – et cette impression vertigineuse que des hymnes planétaires naissent dans un décor presque domestique. À son contact, McCartney affine une écriture moins générique, plus précise, parfois plus dure : All My Loving, And I Love Her, Yesterday… et, quand l’amour se fissure, Rubber Soul devient un carnet de guerre où percent l’attente, la vexation, la négociation. Car Jane n’est pas “la petite amie de” : elle travaille, s’éloigne, refuse d’être avalée par le récit. De We Can Work It Out à For No One, c’est toute une école sentimentale qui se dessine, jusqu’à la rupture de 1968. Voici l’histoire d’une muse qui agit, d’un couple confronté à la célébrité, et du laboratoire secret où Paul est devenu Paul.

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