Lucy in the Sky with Diamonds : trois lettres, un dessin, un mythe

Il suffit parfois de trois lettres pour condamner une chanson à la légende. En 1967, Lucy in the Sky with Diamonds paraît sur Sgt. Pepper et, aussitôt, l’époque croit tenir son aveu : L-S-D. Trop parfait pour n’être qu’un hasard, trop psychédélique pour rester une simple fantaisie. Sauf que Lennon n’a cessé de raconter une autre scène, minuscule et désarmante : Julian rentre de l’école avec un dessin, une camarade prénommée Lucy flotte dans un ciel constellé, et le titre jaillit avec la logique directe de l’enfance. Alors, fable commode pour calmer les censeurs, ou vérité enterrée sous le fantasme collectif ? En revenant à Londres, à la panique morale, aux témoignages croisés, aux lectures d’Alice et du nonsense anglais, au collage en tableaux des paroles, et surtout à la fabrique sonore du studio, on comprend comment les Beatles ont inventé un rêve qui ressemble à un trip sans jamais en faire un manifeste. Une plongée dans les plis d’un mythe tenace, pour réécouter Lucy autrement : comme une porte ouverte sur l’imagination, pas comme une énigme à résoudre.

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