À Bruxelles, il n’y a pas que les budgets et les traités : il y a aussi les mots. Le 8 octobre 2025, le Parlement européen a voté un amendement qui voudrait réserver des dénominations comme « burger », « steak » ou « saucisse » aux seuls produits issus de l’élevage, en excluant les alternatives végétales… et même la viande cultivée. Un geste présenté comme une question de transparence, mais qui ressemble surtout à une bataille de marché : enlever un mot, c’est compliquer un rayon, ralentir un réflexe, rendre l’innovation moins lisible. Le plus savoureux, dans cette guerre sémantique, c’est l’invité surprise : Paul McCartney. Végétarien de longue date, héritier de l’aventure Linda McCartney Foods et moteur de Meat Free Monday, le Beatle s’oppose à l’idée de bannir « burger végétal » ou « saucisse vegan » tant que l’étiquette est claire. Entre le précédent français retoqué par les juges, le parallèle avec le lait « de soja » interdit, et un trilogue repoussé à 2026 faute d’accord, le dossier dit beaucoup de l’époque : quand la transition alimentaire avance, certains préfèrent d’abord verrouiller le dictionnaire. Reste une question : protéger la langue, ou protéger la peur du futur ?
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