McCartney face à Stevie Wonder : l’éblouissement du “monstre musical”

Il y a des artistes qu’on ne devrait pas comparer, tant ils ont déjà faussé la balance. Les Beatles sont de ceux-là, hors concours par définition, et Paul McCartney le sait mieux que quiconque : le mythe est immense, mais il n’a jamais été une armure. Chez lui, l’admiration reste un réflexe d’artisan, une façon de rester vivant en reconnaissant, chez les autres, ce qui le dépasse. Et s’il y a un nom qui revient avec une insistance presque enfantine dans sa bouche, c’est Stevie Wonder, ce “monstre musical” capable de cacher des harmonies de jazz derrière un groove qui claque. Ici, on remonte le fil : la période 1972–1976 où Wonder transforme la pop en continent sophistiqué ; la rencontre aux AIR Studios de Montserrat pendant les sessions de Tug of War, quand George Martin redevient le traducteur idéal de McCartney ; puis les deux faces de leur collaboration. D’un côté, Ebony and Ivory, tube planétaire et slogan assumé, à la candeur désarmante. De l’autre, What’s That You’re Doing, jam électrique qui transpire la vérité, où deux géants cessent d’être des icônes pour redevenir des musiciens qui se répondent. Une histoire de studio, de risque pop, et d’héritage Beatles qui se mesure moins en trophées qu’en curiosité.

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