Le 8 décembre 1980, New York a perdu un mythe, mais Yoko Ono a perdu un mari. Entre ces deux vérités, il y a un frottement brutal : celui d’un deuil intime happé par la faim d’images, de récits et de proximité. Alors que le monde se presse devant le Dakota, chante, pleure, filme et commente, la veuve de John Lennon devient un personnage public malgré elle — et parfois une cible. Ce récit remonte à un détail minuscule, presque incongru au milieu du vacarme : une cassette, la démo domestique de “Grow Old With Me”, gardée dans un sac comme on garde une bouée. Parce qu’il faut bien survivre aux coups de téléphone, aux intrusions, aux injonctions de “partager”, à cette étrange idée que l’amour des fans donne un droit de regard sur la douleur des proches. En suivant la trajectoire de ce ruban magnétique, on revisite l’après-assassinat : la minute de silence voulue par Ono, la violence du deuil parasocial, et la façon dont la musique — de Milk and Honey à Season of Glass — devient à la fois refuge et champ de bataille. Une plongée dans ce que le monde a voulu posséder… et ce qu’il a oublié de respecter.
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