On imagine volontiers George Harrison vacciné à vie contre l’éblouissement : un Beatle devrait être immunisé, anesthésié par les cris, les limousines et les interviews à la chaîne. Sauf que Harrison n’a jamais vraiment été « au-dessus ». Il a été ailleurs — dans l’ombre du duo Lennon–McCartney, dans sa quête de sens, et surtout dans ce réflexe d’oreille qui s’incline devant une vibration plutôt que devant une statue. Cette porosité, on la voit surgir de façon attendrissante quand, au cœur des Traveling Wilburys, il se surprend à présenter Bob Dylan comme un gamin fier de sa trouvaille… tandis que, dans la pièce d’à côté, on chuchote la même chose à propos de lui. De Carl Perkins à Woodstock 1970, de I’d Have You Anytime au Concert for Bangladesh, ce récit remonte la chaîne des admirations et raconte une leçon de grandeur : la célébrité n’efface pas l’émotion, elle la rend plus secrète. Entrez : ici, le « Beatle silencieux » redeviens simplement George, et la légende se fissure pour laisser passer la musique.
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