Quand les femmes deviennent coupables : Yoko, Linda et l’adolescence du mythe Beatles

Dans la grande loterie des mythes Beatles, on adore les histoires simples : un visage, un déclic, un coupable, un avant/après. Or l’un des récits les plus tenaces n’a rien de musical : il consiste à faire des femmes le fusible du génie masculin. Yoko Ono « intruse » qui aurait brisé le groupe, Linda McCartney « imposture » qu’on isole au mix pour en faire une blague, May Pang reléguée au rang d’épisode… À force de slogans, le fandom se fabrique un confort : il évite les vraies causes — l’usure, l’argent, le pouvoir, les egos — et transforme la complexité en procès genré. Ce papier remonte la mécanique : comment le rire devient tribunal, comment une piste de chœurs à Knebworth 1990 sert d’arme, comment Revolution 9 raconte moins une malédiction qu’une autonomie. Pas pour canoniser qui que ce soit, mais pour sortir de l’adolescence de la légende et regarder l’histoire Beatles comme elle est : humaine, heurtée, et bien plus passionnante quand on cesse de chercher une sorcière.

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