George Harrison contre le punk : l’orage de 1977 vu depuis Friar Park

On aime raconter le punk comme un tribunal : des gamins mal peignés qui débarquent pour juger le rock installé, ses stades, ses solos, ses rois fatigués. Et dans ce procès, les ex-Beatles deviennent forcément des pièces à conviction. Sauf qu’ils n’ont pas tous réagi pareil. Lennon a reconnu une énergie “pure”, McCartney a d’abord grimacé avant d’admettre que l’Angleterre avait besoin d’être secouée. Harrison, lui, a fermé les volets. Non par snobisme, mais par incompatibilité. Installé à Friar Park, occupé à chercher une paix intérieure à coups de jardinage et de boussole spirituelle, il entend dans le punk moins une renaissance qu’une régression : “beaucoup de bruit”, “pas de finesse”, musicalement “rubbish”. Au passage, on démonte le mythe confortable d’un Helter Skelter “inventeur du punk” et on suit la vraie ligne de fracture : l’énergie suffit-elle, ou faut-il encore des chansons, des accords, une colonne vertébrale ? Et c’est là que l’exception devient révélatrice : Elvis Costello, “très bon” selon Harrison, parce qu’au milieu de la rage il restait des mélodies. Une histoire de génération, de goût… et de survie.

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