Il y a quelque chose de légèrement absurde à devoir “surveiller” un héritage que tout le monde croit déjà connaître. Et pourtant, Sean Ono Lennon se retrouve là, au milieu du bruit, dans ce rôle de custode qu’on n’envie à personne : maintenir vivant ce qui risque de devenir décor. Dans un entretien accordé à CBS Sunday Morning, il lâche une inquiétude inattendue : oui, il craint désormais que John Lennon — et même les Beatles — puissent être oubliés. Pas rayés des catalogues, non : dilués, fragmentés, réduits à des refrains capturés par l’algorithme. En parallèle, Yoko Ono s’efface peu à peu, et la passation se fait en silence, avec une exigence héritée d’elle : préserver le standard, pas seulement la marque. Archives, rééditions, documentaires, “War Is Over!”… comment transmettre sans trahir, moderniser sans aplatir, faire entendre avec des “oreilles neuves” ? Et si, au fond, le vrai gardien, c’était aussi nous ?
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