Ingrid Pedersen, la sœur cachée qui hante l’histoire de John Lennon

On croit souvent avoir épuisé le roman familial de John Lennon. La maison de Mendips, la sévérité de tante Mimi, la mère Julia à la fois solaire et fuyante, le père marin revenu trop tard, l’enfance cabossée de Woolton et cette manière unique de transformer les blessures en chansons : tout semble avoir été raconté, disséqué, mythologisé. Et pourtant, derrière cette histoire que l’on pensait connaître par cœur, une silhouette est longtemps restée hors champ. Elle s’appelait Victoria Elizabeth Lennon avant de devenir Ingrid Pedersen. Née à Liverpool en 1945, confiée à l’adoption quelques semaines plus tard, elle fut la demi-sœur de John Lennon sans jamais pouvoir entrer dans sa vie. Le Beatle a chanté l’abandon, la mère perdue, les fantômes de l’enfance, mais il n’a jamais rencontré cette sœur née du même ventre que lui, effacée par la morale d’une époque et par les silences familiaux. Son histoire, révélée tardivement, n’ajoute pas un scandale de plus à la légende Beatles : elle en fend plutôt la statue. De Liverpool à Strawberry Fields, où Ingrid rencontrera Yoko Ono en 1999, elle raconte une absence, une loyauté, un nom caché et cette paix fragile que les vivants tentent d’offrir aux secrets trop longtemps enterrés.

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